Lavez les ombres, Jeanne Benameur

Publié le par Miss poisson rouge

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Mon avis :

Objectivement, les phrases sont belles, courtes, incisives, pleines de poésie. Elles retranscrivent parfaitement la tension qui se dégage tout au long de la narration. La succession des mots nous trimballe presque plus dans cet univers de la poésie que du roman. C'est un roman court, très court justement. Mais pour moi, j'ai beaucoup de mal avec ce genre d'écriture. C'est certes très beau mais cela ne me touche pas, pauvre coeur de pierre que je suis !

 

Résumé :

"Elle est dans la quête de la beauté, la perfection du geste, la maîtrise absolue du moindre muscle de son corps. Jamais pourtant elle ne parvient à s'affranchir de cette grâce douloureuse qui bannit tout plaisir. Lea semble empêchée de danser par une force centrifuge qu'elle ne sait pas nommer, comme elle semble empêchée d'aimer Bruno, le peintre qu'elle laisse approcher au plus près sans jamais accepter le partage. A la faveur d'une nouvelle chorégraphie, qui place la mère au centre de son art, la danseuse est rattrapée par ses vieux démons qui demandent leur part de lumière. Et quand elle finit par céder à l'insistance de Bruno et pose pour lui, d'où lui vient cette sensation absurde de donner son corps en pâture ? Elle sait que les clés sont dans la maison de l'enfance, dans un secret qu'elle partage sans le connaître. A présent elle doit en avoir « le coeur net ».
Par une nuit d'orage, d'apocalypse, elle gagne la petite ville côtière qui l'a vue naître. Mère et fille se retrouvent pour laver les ombres.
En onze tableaux où alternent le présent et le passé, peu à peu se dénouent les entraves dont le corps maternel porte les stigmates. Naples à l'époque de la guerre, le bistrot familial, un "bel ami" français qui promet le mariage à une jeune fille de 16 ans et pourtant vend son corps dans une maison close. Puis le départ pour la France, l'enfant inespérée, un semblant d'apaisement tout près du précipice.

Etat des lieux après l'orage : recomposer autrement l'image mythifiée du père, intégrer le faux-pas à la danse. Léa peut aller vers la vie comme la mer revient à l'étale.

Dans une langue retenue et vibrante, Jeanne Benameur chorégraphie les mystères de la transmission et la fervente assomption des mots qui délivrent.
"

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